
Voici un magnifique témoignage d’un participant à notre initiation au kayak d’eau-vive à Salaberry-de-Valleyfield cet été! Il a écrit…
Natif de la République démocratique du Congo, un pays aux traditions riches mais aussi marqué par des tensions culturelles, j’ai trouvé au Québec, au Canada, un véritable havre de paix. Ce qui m’a profondément frappé, c’est le contraste entre la richesse de sa diversité culturelle et le climat de sécurité et de sérénité qui y règne. Cette découverte m’a conduit à une réflexion essentielle : comment une société peut-elle transformer ses différences en leviers de dialogue, d’écoute et d’enrichissement mutuel, plutôt qu’en sources de division ? Le Québec, par son exemple vivant, m’a inspiré à en comprendre les codes et à m’intégrer dans un tissu social où la diversité devient une force collective.
C’est dans cet esprit d’ouverture que différentes communautés, y compris Plein air interculturel, m’ont offert des espaces de rencontre et de croissance, où mon intégration a pris tout son sens. Bien plus qu’un simple loisir, les activités de plein air incarnent la vision du vivre-ensemble, offrant des occasions de rencontres humaines authentiques et empreintes de respect. C’est là qu’un nouveau chapitre s’est ouvert.
Un jour, à la suite d’une sortie en nature, une amie rencontrée au cours des activités de plein air interculturel (Mzia, de Plein air interculturel) m’a proposé de m’initier au kayak en eau vive et au canot-camping. C’était une première absolue : je n’avais jamais pagayé, ni même vu un kayak de près. Pourtant, une petite voix audacieuse et curieuse m’a soufflé : « Pourquoi pas ? ». Ce moment d’ouverture à l’inconnu a marqué le début d’une aventure à la fois personnelle et collective, au cours de laquelle j’ai découvert des ressources insoupçonnées en moi-même, ainsi qu’une étonnante capacité d’adaptation. Ce témoignage est une déclaration de gratitude envers toutes les personnes qui m’ont tendu la main, partagé leur savoir, et surtout, cru en moi alors que moi-même j’en doutais.
Adrienne, mon premier repère, a organisé une séance de préparation où sa bienveillance et ses explications claires m’ont mis en confiance. Le jour J, l’équipe d’instructeurs et instructrices (Adrienne, Frédéric, Erica et Francis) nous a accueillis avec un professionnalisme empreint de chaleur humaine. Chaque geste, chaque sourire témoignait d’une attention sincère.
Progressivement, grâce à Erica, Francis et Frédéric, j’ai appris à stabiliser mon kayak, à virer, à accoster, à vider mon embarcation et à réaliser l’auto-sauvetage. Leurs retours constructifs m’ont aidé à améliorer mes coups de pagaie et à développer les bons réflexes techniques. Leur capacité à voir au-delà de mes hésitations, leur foi en mon potentiel, et leur pédagogie attentive ont été de puissants moteurs dans mon apprentissage. Bien sûr, il y a eu des échecs comme le chavirement, mais ils survenaient toujours dans un cadre sécuritaire, où nous avions déjà été préparés à y faire face. Chaque erreur devenait une opportunité : rater une manœuvre nous permettait d’en appliquer une autre, et ainsi, de transformer l’imprévu en exercice.
Les échanges avec les autres participant·e·s ont été tout aussi riches : encouragements, astuces techniques, éclats de rire, solidarité. Ensemble, nous grandissions non seulement en tant que kayakistes, mais surtout en tant qu’êtres humains. Peu à peu, j’ai appris à anticiper le kayak et à décrypter l’eau, ses courants et ses secrets. Bien que je sois encore loin de la maîtrise, je ressentais déjà une connexion avec la rivière.
Au-delà des techniques, nous avons intégré les principes fondamentaux de sécurité. Toutes ces expériences m’ont challengé physiquement, mais surtout, elles m’ont transformé mentalement. Ma confiance en moi s’est affirmée.
Au départ, j’étais nerveux et sans contrôle, l’eau me déplaçait dans toutes les directions. Puis, le lendemain, j’ai remonté la rivière seul. Et finalement, j’ai descendu la rivière malgré les courants et contrecourants sous les applaudissements du groupe – un moment inoubliable.
Ce que j’ai retiré de cette expérience dépasse largement le simple apprentissage du kayak. Grâce à vous tou·te·s (instructeurs, organisateurs, participant·e·s) j’ai découvert la puissance d’une pédagogie bienveillante, l’importance de la communication et la beauté de l’entraide. Grâce à vous, cette confiance en moi, que je n’osais pas encore pleinement reconnaître, a trouvé sa voie.
Enfin, je tiens à exprimer une reconnaissance particulière envers celles et ceux qui ont contribué à cette aventure de loin par leurs encouragements, leur présence discrète, ou leur soutien financier. Sans leur générosité et leur foi en ce projet, rien de tout cela n’aurait été possible. Leur engagement, même silencieux, a joué un rôle essentiel dans la réussite de cette expérience.


